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RÉCUPÉRATION DE L'AIDE SOCIALE
Les prestations versées par l'aide sociale sont considérées
comme des avances faites par la collectivité au bénéficiaire
de l'aide sociale. Par conséquent, lorsque le bénéficiaire
n'est plus considéré dans le besoin, ou à
son décès, la collectivité débitrice
de la prestation peut demander de récupérer
les sommes versées.
Récupération de l'aide sociale : abrogation
du retour à meilleure fortune ! (Loi n°2002-303
du 4 mars 2002).
Désormais, la récupération des sommes
avancées ne doit intervenir qu'au décès
de la personne handicapée ayant bénéficié
de l'aide sociale, dans le cadre d'un recours contre la succession
de celle-ci.
Nouveau seuil de récupération
sur la fraction de l'actif net successoral : 46 000€
Quelles sont les principales prestations récupérables
?
- Aide ménagère
- récupération sur succession avec seuil.
Aucune récupération sur succession si les
héritiers sont le conjoint, les enfants ou la personne
ayant assumé de façon effective et constante
la charge de la personne handicapée.
- Prise en charge des repas
- même récupération que pour l'aide
ménagère.
- Les frais d'hébergement
et d'entretien en établissement médico-social
(foyer de vie, foyer occupationnel, foyer d'hébergement,
foyer d'accueil médicalisé, maison de retraite,
foyer-logement, placement familial). La récupération
sur succession se fait au 1er euro. Néanmoins pas
de récupération sur succession si les héritiers
sont le conjoint, les enfants ou la personne ayant assumé
de façon effective et constante la charge de la personne
handicapée.
- Les frais d'hébergement
des personnes handicapées de plus de 60 ans en établissement
médico-social - récupération
sur succession au 1er euro.
A noter - spécial Yvelines
: le maintien tout au long de l'hébergement
du statut de personne handicapée et des droits qui
s'y attachent à toutes personnes handicapées
hébergées au titre de l'aide sociale qu'elles
soient accueillies dans un établissement pour personnes
handicapées ou pour personnes âgées.
(Délibération du Conseil Général
des Yvelines en date du 16/4/1999).
- Allocation supplémentaire
du fonds de solidarité vieillesse (FSV) -
la récupération se fait sur la fraction de
l'actif net successoral supérieur à 39000€.
Quelles sont les principales prestations qui ne sont en
aucun cas récupérables ?
- L'allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP),
la prestation de compensation (PCH) ne sont pas récupérables
en cas de retour à meilleure fortune. Aucune récupération
sur succession ni sur légataire et donataire (loi
n°2005-102 du 11 février 2005).
- L'allocation aux adultes handicapés (A.A.H.), les
frais d'IME (Institut Médico-Educatif), les frais
de MAS (Maison d'Accueil Spécialisé), les
frais de fonctionnement en E.S.A.T (Etablissement et Service
d'Aide par le Travail), les cotisations d'assurance maladie
des titulaires de l'A.A.H (prises en charge par l'assurance
maladie).
Que sont la récupération et la participation
?
La personne placée en foyer financé par un
prix de journée de l'aide sociale du département
(foyer d'hébergement, foyer occupationnel ou de vie,
foyer d'accueil médicalisé) est invitée
à participer à ses frais d'entretien et d'hébergement
en fonction de ses revenus. (Il faut savoir que les intérêts
des capitaux placés, les intérêts des
livrets de Caisse d'Epargne, de CODEVI, sont considérés
également comme revenus. Toutefois, les intérêts
de cette épargne sont dans les Yvelines laissés
à la libre disposition de la personne dans la limite
d'un seuil maximum annuel de 1525€).
La participation est calculée selon le nombre de repas
pris, de nuits passées au foyer. Des textes réglementaires
fixent les minima de ressources mensuelles à laisser
à la personne accueillie (voir notre rubrique ressource).
Ils varient en fonction de la situation des intéressés
(travail en E.S.A.T., interne de semaine, externe
) et
sont calculés par référence à
l'A.A.H.
La récupération, quant à elle, se fait
non pas sur les revenus de la personne mais sur son capital.
Elle peut se produire au décès de la personne
: contre la succession ou le légataire du bénéficiaire
de l'aide sociale.
Quand y a-t-il récupération ?
Le Code de la famille et de l'aide sociale (art.146) prévoit
trois cas de recours en récupération :
- Le premier cas est un recours contre le donataire. Dans
cette hypothèse, le bénéficiaire de
l'aide sociale a fait une donation de son patrimoine, soit
postérieurement à la demande de l'aide sociale,
soit dans les dix ans qui ont précédé
la demande. Le montant de la récupération
est alors calculé en fonctions des sommes allouées,
et en fonction de la valeur des biens, appréciée
au jour de l'introduction du recours en récupération
par l'Etat ou le département.
- Le deuxième et troisième cas sont le recours
contre la succession du bénéficiaire ou contre
le légataire. Ils s'exercent tous deux dans les mêmes
conditions, c'est à dire sur l'actif net de la succession
et non sur les biens des héritiers. Ceux-ci ne sont
donc pas tenus de rembourser les frais d'aide sociale sur
leurs biens propres.
- Pour la garantie des recours, l'Etat ou le Département
peut requérir l'inscription d'une hypothèque
légale sur les biens immobiliers du bénéficiaire
dont la valeur est supérieure ou égale à
1524,49 €.
Qui prend la décision ?
Ce sont les commissions d'admission à l'aide sociale.
Dans tous les cas, les recours sont exercés dans la
limite des prestations allouées au bénéficiaire,
et tiennent compte, pour la prise de décision, de la
situation financière de l'intéressée
et de ses héritiers.
Les décisions qu'elles prennent sont toujours susceptibles
de recours devant la commission départementale d'aide
sociale, dans le délai d'un mois à noter de
la notification de la décision, puis, en appel, devant
la commission centrale d'aide sociale et, enfin, en cassation
devant le Conseil d'Etat.
Il est recommandé aux parents de ne pas donner ou
léguer des biens immobiliers en indivision entre leurs
enfants, lorsque l'un d'eux est admis au bénéfice
de l'aide sociale.
Il ne faut cependant pas oublier que la décision de
récupérer est appréciée, au cas
par cas, par les commissions d'admission à l'aide sociale,
en tenant compte des situations individuelles. La crainte
des familles devant la récupération ne doit
donc pas les faire renoncer à une demande de prise
en charge par l'aide sociale, de la prestation de compensation
par exemple.
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